Voici un roman aux nombreuses qualités : ambition du sujet choisi, une histoire familiale qui court sur plusieurs décennies d’Histoire, exigence de l’écriture, etc. Le tout pour un premier roman, bravo ! Il reste quand même quelque chose d’inachevé. Si les 300 premières pages nous emportent avec des personnages bien campés et une narration fluide (le début de la fin pour une vieille famille aristocratique de la province française), l’arrivée aux temps modernes est plus lâche. Le fil se déroule trop vite. Si le combat des femmes est très justement évoqué notamment dans la scène de l’organisation puis de l’avortement clandestin, les années 80 et certains personnages sont très vite expédiés comme si l’auteur n’avait su que faire d’eux. Je pense notamment à Christiane, la petite-fille homosexuelle, dont on attend des nouvelles après un très beau portrait brossé en milieu de roman.

Est-ce pour l’auteur, une liberté de donner une suite à son ouvrage ? On l’imagine avec plaisir… Même si mes goûts personnels me portent vers d’autres styles littéraires, ne boudons pas notre plaisir : ce roman est une réussite.