Lila, être esclave en France et en mourir de Dominique Torrès et Jean-Marie Pontaut (le Grand Prix again). Déjà, rien qu'au titre, on n'a pas forcément envie d'acheter. C'est dommage. Peut-être. Parce qu'il se lit d'une traite et que l'on ne peut pas le reposer avant d'avoir terminé. Ce qui est plutôt un bon point. Pourtant...

Je me suis posée beaucoup de questions par rapport à ce livre. Une, notamment : était-il utile d’en faire un livre ? Pour moi, ce livre est avant tout un grand reportage rédigé par des professionnels de l’information et c’est ce qui en fait la force. Les auteurs évitent le pathos pour se concentrer sur les faits : c’est un excellent travail de journalistes qui aurait toute sa place dans un grand hebdomadaire français. Particulièrement aujourd’hui où l’on annonce la disparition des juges d’instruction. Je pense qu’un livre diminue la puissance et la portée de ce document et de ces témoignages, absolument passionnants au demeurant. Dans la multitude des livres publiés (n'importe qui sort un livre sur n'importe quoi), il est aisé de se perdre voire de disparaître dans la masse.