Dans Le Magazine Littéraire de ce mois, on peut lire une belle critique du dernier Djian, Incidences. Je me souviens des premiers Djian comme si c'était hier. Il apportait vraiment quelque chose de nouveau qui ressemblait à de l'air pur. Les critiques, à l'époque, ne se gênaient pas pour dire tout le mal qu'ils pensaient de lui : aucun style, écriture bâclée... Rien n'était vrai bien sûr. Mais les critiques sont ce qu'elles sont... Djian a continué son boulot d'écrivain et c'est tant mieux pour nous. Aujourd'hui, Djian vend beaucoup de livres et ce n'est que justice. Moins que M. Lévy, Musso ou Gavalda mais ce n'est pas très grave. Voici donc ce qu'écrit JB Harang : "Djian feint d'avoir renoncé à choisir un écrivain pour héros. Son Marc qui n'écrit pas donne des leçons de littérature, et, par sa voix, on entend celle de Djian, un type qui ne se paie pas de mots, mais qui les aligne, les uns après les autres, pour qu'ils sonnent, un type qui écrit d'oreille et qui ne livre une phrase que si elle est juste; il n'y a pas que les musiciens à avoir l'oreille absolue, les écrivains (même s'ils sont parfois sourds de l'autre) doivent connaître la musique des mots. Djian passe pour un raconteur d'histoires, mais ce n'est pas le scénario, pas seulement, qui fait avancer la lecture, qui provoque une telle addiction qu'on ne peut plus la lâcher, qu'on ne quitte pas la piste de danse avant la fin du morceau, non, ce sont les 5 % de grâce, ceux qu'on ne dispense pas à l'université et qui dans ce livre-ci frôlent les 100 % pure littérature, comme on dit de la laine ou du coton..." Voilà, tout est dit. Et Djian, qui n'est jamais en reste pour aimer et faire aimer la littérature évoque Laura Kasischke : " Elle a une vraie écriture de femme. Et c'est un compliment ! Sa langue est belle, et j'aime sa manière de prendre un genre, puis de le pervertir. "