L’inconsolée du titre, c’est Susan Sontag, grande figure intellectuelle, littéraire et féministe américaine. David Rieff est son fils unique. Il écrit sur les derniers jours de sa mère, atteinte d’un cancer pour la 3e fois de sa vie. David Rieff est journaliste, reporter de guerre. Ecrire sans pathos, il sait faire et ce n’est pas le moindre hommage rendu à la grande Susan qui n’aurait sûrement pas supportée l’épanchement lacrymal.

Dire que son livre est bouleversant est une banalité. Et pourtant… C’est tout l’amour et le respect d’un fils pour sa mère qui ressortent à travers ces phrases sèches qui touchent au cœur. En nous racontant la fin de sa mère avec tant de pudeur (le lecteur n’est jamais mis en situation de voyeur), David Rieff s’interroge sans se ménager : a-t-il fait ce qu’il fallait ? A-t-il trouvé les mots justes pour apaiser l’inconsolable pour qui la religion et la spiritualité n’étaient d’aucun recours ? Il montre l’impuissance absolue du « survivant » et le sentiment de culpabilité qui l’assaille. Et convoque les auteurs tant aimés de sa mère pour tenter de comprendre.

Ce livre est aussi une très fine observation du milieu médical et des praticiens. Des différentes approches de la médecine, des patients, de la maladie. Au final, on peut dire sans trop se tromper que le résultat est à la hauteur de Susan Sontag.

Susan Sontag est enterrée au cimetière du Montparnasse à Paris pas très loin de Simone de Beauvoir, Beckett, Cioran, Baudelaire, Sartre… On connaît compagnie plus désagréable.