Bon. Voilà. Comment vous dire ? Sur des livres lus et aimés, il y a déjà eu des billets. Les autres, zappons. Mais sur les vraies grandes découvertes ? Peu, je crois.
Ce livre est une très grande claque. Il y a là tout ce que j’aime : une écriture qui vous emporte, un auteur qui vous promène longtemps avant de vous asséner un grand coup sur la nuque, sans effet de manche, le gars est modeste avec ça. Le tout sans pathos (je sais, j’insiste beaucoup avec ça mais je ne supporte pas) sans vouloir vous séduire, le gars n’est pas putassier.
De quoi parle-t-on ? D’un père qui achète une île perdue en Alaska pour y vivre pendant un an avec son fils de 13 ans. Seulement le père n’est pas le père idéal, il est faible, fragile, humain quoi. Le garçon est un adolescent plutôt débrouillard qui chasse et pêche comme un chef mais reste un… ado.
Les carences du père se révèlent très vite. Mais ils sont seuls, loin de tout. La tension est là, dès les premières lignes, entretenue par une écriture précise presque factuelle. On pressent qu’un drame va se nouer. Il n’empêche : lorsqu’il survient, l’air nous manque. La grande force de l’auteur est de traiter l’histoire comme un thriller (bientôt au cinéma ? C’est un sujet pour Polanski : un lieu clos, la folie qui rôde, les hallucinations…), au scalpel. Il nous offre au passage des pages extraordinaires sur la nature à la fois menaçante presque prédatrice mais également bienfaitrice.
Quant à la nature humaine si elle est tant malmenée par David Vann, rassurons-nous, c’est pour notre bien… de lecteur.