Un été sans les hommesCe livre est une petite merveille d’écriture, d’intelligence, de raffinement. Une poétesse New-Yorkaise, dont le mari décide brutalement de « faire une pause » avec une collaboratrice de 20 ans plus jeune que lui, loue une maison dans le Minnesota de son enfance. Elle y passera l’été et fera des rencontres surprenantes en se rapprochant de sa mère et en animant un cours de poésie pour des adolescentes.
C’est un livre qui se résume difficilement tant le plaisir du lecteur vient de sa complexité et sa richesse. On peut le voir comme un panorama des âges de la femme : enfant, adolescente, femme de 20 ans, de 30 ans puis de 50 ans et plus. Siri Hustvedt nous parle de féminité, de poésie, d’amour et de liberté avec une délicatesse infinie et un humour certain.  « Beaucoup de femmes lisent de la fiction. La plupart des hommes, non. Les femmes lisent des fictions écrites par des femmes et par des hommes. La plupart des hommes, non. Si un homme ouvre un roman, il aime avoir sur la couverture un nom masculin ; cela a quelque chose de rassurant. On ne sait jamais ce qui pourrait arriver à cet appareil génital externe si l’on s’immergeait dans des faits et gestes imaginaires concoctés par quelqu’un qui a le sien à l’intérieur. » L’auteur nous offre également une réjouissante analyse de Jane Austen vue par les seniors et, entre deux découvertes de broderies coquines, fait un clin d’œil à son célèbre écrivain de mari.