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Impatience. Le thème, l’auteur, l’éditeur, tout me faisait envie. Je n’ai pas été déçue.
Ce n’est pas une biographie, c’est un roman sur une personnalité vivante. En même temps, c’est bien français, ça, de vouloir mettre dans une case avec une étiquette dessus. Reprenons. Il s’agit donc de l’histoire d’une vie, celle de Limonov qui ne s’appelle pas Limonov en vrai mais chut….
Comme l’auteur c’est Emmanuel Carrère, on sait qu’il va aussi nous parler de lui et on se doute qu’avec cet homme, Carrère touche à des thèmes qui lui sont chers. La presse a beaucoup parlé du livre à travers son héros. Moins de l’écriture. Certes une vie qui traverse l’Histoire de la Russie en faisant des décrochés par New-York et Paris, une vie de voyou, d’écrivain, d’amoureux, de politique, c’est fascinant. La particularité de Carrère est d’être toujours présent dans son récit. Contrairement à la majorité des auteurs, il est physiquement là. C’est un peu sa marque de fabrique. C’était vrai pour L’adversaire, pour D’autres vies que la mienne... Il nous donne son point de vue, commente. Mais ce n’est jamais vain puisque pour chacun des livres cités, il est lié à l’histoire d’une manière ou d’une autre. C’est un style très journalistique mais dans ce qu’il a de meilleur. Dans la lignée des grands reportages écrits. Ce n’est pas un hasard si le point de départ du roman est un reportage destiné à la revue XXI. C’est un peu idiot je sais mais en le lisant je me posais la question « Est-ce de la littérature ? », ce n’était pas péjoratif, j’aime beaucoup ce qu’écrit Carrère. Evidemment c’est de la littérature. Mais pas de la littérature de salon. Je suis donc contente qu’il ne soit plus dans la course pour le Goncourt. Il n’a pas besoin de cela pour nous captiver. Par contre, il y a toujours Foenkinos dans la liste. Voilà, voilà.