PrésidentEnfance et jeunesse des six chefs d’Etat de la Ve République. Trop court ! C’est ce que j’ai ressenti en fermant le livre. C’est un beau sujet, bien traité, avec deux silhouettes qui se détachent : de Gaulle et Mitterrand. Chirac, Giscard et Sarkozy sont un peu expédiés mais, c’est cruel à dire, ils ne sont pas les plus passionnants. Pour Pompidou, c’est un peu différent. Comme si l’on redécouvrait une figure oubliée. Un esprit brillant doublé d’une forte personnalité. Etonnant que sa présidence ait laissé si peu de souvenirs… mais ne souhaitait-il pas lui-même, un septennat paisible ?
Evidemment, la période est propice à ce genre de lecture. Pourtant, en n’abordant pas frontalement le sujet politique mais en choisissant un biais plus intime, Robert Schneider, grand journaliste, sort des sentiers battus et réussit à nous passionner. L’écriture est fluide, la lecture aisée. On prend plaisir à découvrir l’enfance de ses hommes. Et l’on sourit des points communs entre de De Gaulle et Mitterrand : le catholicisme, les racines provinciales, le rapport à la mère, le goût de l’écriture, la conscience, très tôt, d’avoir un destin français.
Quid de Giscard, Chirac et Sarkozy ? Leurs figures sont bien moins romanesques pour être tout à fait aussi riches que leurs illustres prédécesseurs qui, peut-être par cette lenteur de leur destin (que d’attente pour enfin s’accomplir !), apparaissent davantage comme des héros du 19ème siècle. Les trois suivants sont bien ancrés dans un siècle pressé où tout va de plus en plus vite. Eloge de la lenteur ? Peut-être bien…

Lu dans le cadre d'un partenariat avec Babelio.