La répétitionEt un roman sur les ados, un ! Serait-ce que je retombasse vingt ans en arrière ? Ou que je revive ces instants merveilleux (appareil dentaire, pieds en dedans, enfer des boums, les garçons c’est nul, hormones en ébullition) par procuration ? Va savoir.
Attention quand même : ce roman n’a rien à voir avec celui de Marie D. précédemment chroniqué. D’un côté le charnel, de l’autre, le cérébral. C’est un peu lapidaire mais je développe, patience. Il s’agit donc du premier roman d’Eleanor Catton, écrivaine néo-zélandaise. Le point de départ est simple : une liaison entre une étudiante et un professeur. Le traitement l’est moins puisque l’auteur ne choisit pas de raconter l’histoire de façon linéaire. Elle se glisse dans l’imaginaire de ses créatures et nous raconte donc plusieurs histoires, toutes fantasmées, toutes réelles. On sait peu de choses de la jeune fille. Ce sont les autres qui parlent d’elle et pour elle. On ne saura donc pas vraiment quelle était cette histoire avec le professeur même si on peut supposer qu’il était question d’amour. Lire Catton après Darrieussecq si charnelle, si crue dans ses propos, si troublante dans sa perception de l’adolescence, est un peu déroutant. Comme passer d’une lumière très vive à un ciel cotonneux. D’une ligne droite à des méandres interminables. On se perd parfois. Mais c’est une vision de l’adolescence qui touche : une période difficilement compréhensible pour ceux qui la vivent et ceux qui regardent. Deux femmes, deux continents, une même justesse.