05 juillet 2011

La Faculté des rêves de Sara Stridsberg (Le Livre de Poche)

Etrange livre que celui-là. Sara Stridsberg se glisse dans la peau de Valérie Solanas, féministe radicale, qui tenta d’assassiner Andy Warhol en 1968. La peau qu’elle habite… Il s’agit réellement de cela tant la voix de Valérie résonne au plus profond de nous par la grâce d’une écriture hypnotique. Lire ce livre est une expérience sensorielle et intellectuelle. Expérience qui nous emmène loin dans l’imaginaire de l’auteur. Les chapitres alternent l’hier et l’aujourd’hui : un montage qui nous propose des séquences de l’enfance... [Lire la suite]

02 juin 2011

Françoise de Laure Adler (Grasset)

Sur Françoise Giroud, c’est comme si tout avait déjà été dit. Femme de fer et d’influence, brillante journaliste, première femme à diriger un grand journal hebdomadaire qu’elle contribua à fonder, secrétaire d’état à la condition féminine, romancière moins habile que la journaliste, plume aussi acérée qu’admirative, toujours en éveil même quand la vieillesse fut là. De la femme, la vie était plus ou moins connue : des amours flamboyantes avec JJSS surtout et le jeune Georges Kiejman, entre autres ; des amitiés durables ou... [Lire la suite]
Posté par manoes à 10:25 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,
31 mai 2011

Un été sans les hommes de Siri Hustvedt (Actes Sud)

Ce livre est une petite merveille d’écriture, d’intelligence, de raffinement. Une poétesse New-Yorkaise, dont le mari décide brutalement de « faire une pause » avec une collaboratrice de 20 ans plus jeune que lui, loue une maison dans le Minnesota de son enfance. Elle y passera l’été et fera des rencontres surprenantes en se rapprochant de sa mère et en animant un cours de poésie pour des adolescentes.C’est un livre qui se résume difficilement tant le plaisir du lecteur vient de sa complexité et sa richesse. On peut le voir... [Lire la suite]
Posté par manoes à 15:38 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
31 mai 2011

Papa was not a rolling stone de Sylvie Ohayon (Fayard) et même pas un Beatle…

Vous dire que je n’ai pas aimé, point, ce serait un peu court et un peu injuste.Après tout, l’auteur a probablement ( ?) mis du temps pour l’écrire. De la patience. De la sueur (re ?). Des larmes (re ??). Oui mais non comme dirait Mylène. Tout cela n’est pas possible. Le livre a reçu le prix Lilas. Celui de la Closerie. Mais ils avaient tous bu ou quoi ce jour là ? De l’avis même de l’auteur, celle-ci a des difficultés avec la syntaxe. C’est bien la lucidité à ce point. Au moins, nous sommes avertis. Mais si ce... [Lire la suite]
Posté par manoes à 14:55 - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
11 mai 2011

Fille noire, fille blanche de Joyce Carol Oates (Points)

En dépit d’une œuvre abondante, sous son propre nom ou sous pseudo, Joyce Carol Oates réussit toujours à nous surprendre. Si l’on est un familier, on retrouvera dès les premiers mots, cette atmosphère si particulière, chargée d’une angoisse latente, d’une tension sourde. La voix d’Oates. Celle qui suit, depuis toujours, le mêmechemin, celui de la fêlure féminine. Qui creuse, qui gratte jusqu’au sang, jusqu’à l’os pour tenter d’approcher le mystère de la psyché féminine. Cet opus-là ne fait pas exception à la règle. Le racisme, que... [Lire la suite]
Posté par manoes à 17:20 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
15 avril 2011

Séances de rattrapage : Le lièvre de Patagonie de Claude Lanzmann, Jan Karski de Yannick Haenel (Folio)

Etre côte à côte les fait peut-être grincer des dents mais, les ayant lus à la suite et au regard de la polémique déclenchée il y a deux ans, il m’a semblé intéressant de les évoquer ensemble. Une polémique violente de la part de Lanzmann mais on le connaît, il a le verbe tonitruant à l’instar de ses souvenirs rassemblés ici. Certains s’agaceront d’emblée s’ils ne sont pas sensibles au personnage qui est tout entier dans ses pages. Claude Lanzmann ne prend pas la pose : il est dans son verbe comme il est dans la vie. On apprécie... [Lire la suite]

04 avril 2011

Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire de Jonas Jonasson (Presses de la Cité)

C’est l’histoire d’un vieux briscard en pantoufles marouflées à la pisse (difficile de viser haut et juste à 100 ans…) qui prend la tangente. Il enjambe la fenêtre de sa maison de retraite, se retrouve dans les plates-bandes et dit bye bye à l’insupportable sœur Alice. On pense qu’il s’agit du début de l’histoire folle d’Allan Karlsson. Que nenni. C’est tout simplement la continuation de sa vie : un Suédois dont les talents cachés vont se révéler bruyamment et qui, de rencontre en voyages, va parcourir le monde, tutoyer la grande... [Lire la suite]
13 mars 2011

Le jardin du diable d’Ace Atkins (Le Masque)

L’Amérique au temps de la Prohibition. Le lecteur met ses pas dans ceux d’un détective malingre et souffreteux qui deviendra plus tard le grand Dashiell Hammett. Celui-ci suit de très près le procès du comique vedette de l’époque : Roscoe Arbuckle, célèbre sous le nom de Fatty. Les années Folles, les débuts du cinéma et la naissance de ses stars, les fêtes incroyables où l’alcool coule à flot et qui dégénèrent, William Randolph Hearst, le « tycoon » de la presse qui inspira Welles dans Citizen Kane. Tout est là, rien à... [Lire la suite]
Posté par manoes à 15:49 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
04 mars 2011

Séances de rattrapage : La délicatesse de David Foenkinos, Trois femmes puissantes de Marie NDiaye (Folio)

Ils sortent en poche, profitons-en ! Plusieurs livres que je n’avais pas lus lors de leur sortie refont un passage en librairie. L’occasion de retrouver David Foenkinos et Marie NDiaye mais aussi Yannick, Jan Karski, Haenel et Claude Lanzmann, Le lièvre de Patagonie, ce dernier n’ayant pas aimé le précédent et l’ayant fait savoir à sa manière. Forte. La délicatesse, le livre aux dix prix littéraires annonce le bandeau rouge, dommage qu’ils ne soient pas cités, on n’aurait pas eu besoin de faire une couv’.C’est un très joli livre... [Lire la suite]
06 février 2011

Tijuana Straits de Kem Nunn (Sonatine)

Si vous ne deviez lire qu’un seul roman noir cette année, que ce soit celui-là. On pourrait même dire un seul roman tout court tellement les qualités abondent. Explications. L’écriture : magnifique, puissante, poétique « Dans l’atmosphère enfermée de ces chambres empreintes de tristesse, il eut l’impression d’être revenu au lieu de son propre commencement, et que, dans une certaine mesure, il était fait de ces choses et que toute la tristesse et l’obscurité qui allaient avec pénétraient encore dans les recoins de son cœur où la pensée... [Lire la suite]
Posté par manoes à 15:50 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,