Vous dire que je n’ai pas aimé, point, ce serait un peu court et un peu injuste.
Après tout, l’auteur a probablement ( ?) mis du temps pour l’écrire. De la patience. De la sueur (re ?). Des larmes (re ??). Oui mais non comme dirait Mylène.
Tout cela n’est pas possible. Le livre a reçu le prix Lilas. Celui de la Closerie. Mais ils avaient tous bu ou quoi ce jour là ?

De l’avis même de l’auteur, celle-ci a des difficultés avec la syntaxe. C’est bien la lucidité à ce point. Au moins, nous sommes avertis. Mais si ce n’était que ça… Mal écrit, mal construit, truffé d’invraisemblances : l’auteur (elle est aussi l’héroïne de son roman, oui, oui) possède une splendide chevelure. Deux pages plus loin, hop, plus de cheveux sans aucune explication. Bon, me direz-vous, elle a pu aller chez le coiffeur. Ok. A 9 ans, la gamine s’exprime comme un adulte de 18. Bien sûr. Se sort de situations périlleuses grâce à son intelligence, sa maturité, son bagout. N’en jetez plus.

La narration est saturée de phrases toutes faites et de conseils à 2 € qui, en toute honnêteté me donne envie de lui coller des beignes. Tant d’autosatisfaction me laisse pantoise : je résume, l’auteur était une enfant géniale, très intelligente, jolie, drôle et est devenue une adulte très très riche (on passe sur les signes extérieurs jogging et diamants, bang ! bang !) en dépit d’une enfance pas facile.

Peut-être que tout cela est du second degré. Peut-être étais-je très fatiguée ces jours de lecture. Je n’ai pas ri, je n’ai pas souri, j’ai failli envoyer le livre valdinguer dans le jardin. J’ai eu peur de blesser le chat. Bref, comme ne le dirait pas Jacques Vergès : « Sylvie O. m’a tuée ».

Fabienne Berthaud était également en lice pour le Prix Lilas. Son livre est tellement beau et fort qu’il le méritait dix fois ce prix. Rendez-lui justice et lisez Un jardin sur le ventre.