Voici un premier roman (un polar donc) bien mené, dépaysant à souhait, l’intrigue se déroule au Ghana, qui met en scène des personnages complexes. Tout d’abord, l’inspecteur Darko Dawson, sorte de Harry Bosh africain, la bière en moins, le Muscatella en plus. Comme son homologue américain, Dawson a perdu sa mère très jeune dans des circonstances étranges et doit faire face à une légère tendance à la violence. Désigné pour enquêter loin d’Accra, la capitale, il part à la recherche du meurtrier d’une jeune étudiante en médecine et va devoir affronter ses cauchemars. L’auteur nous plonge dans la vie d’un village de campagne où les traditions perdurent coûte que coûte : on croit davantage à la force des esprits qu’à la médecine, on vit comme une « fatalité » les nombreuses unions d’un prêtre féticheur avec de jeunes vierges. Pourtant, jamais l’auteur ne porte de jugement : il déroule son intrigue qui place, face à face, les anciens « qui ont toujours fait comme cela » et les modernes « persuadés qu’il faut et que l’on peut changer ». La trame est classique mais l’écriture juste et l’atmosphère prenante. Un bon début.